SIBO et thyroïde, des liaisons dangereuses…

Cet article est rédigé par Céline Marie, scientifique, spécialiste des analyses en laboratoire et rédactrice du blog Les Secrets de Hashimoto.

 

En France, les dysfonctionnements de la thyroïde touchent 10% de la population. Souvent légers au départ, ils se développent parfois sur plusieurs années. Ils sont très largement sous-diagnostiqués et en général découverts à des stades avancés. Les pathologies de la thyroïde les plus répandues sont d’origine auto-immune. C’est à dire que c’est le système immunitaire qui attaque la thyroïde comme s’il s’agissait d’un agresseur externe. Cette auto-immunité peut être causée par des troubles digestifs, en particulier par une prolifération bactérienne intestinale (SIBO en anglais). C’est pour cette raison qu’Isabelle m’a invité pour en parler sur son blog.

De plus, la prolifération bactérienne intestinale et les pathologies thyroïdiennes d’origine auto-immune sont des freins réciproques pour soigner l’une ou l’autre des maladies. Si vous avez un SIBO ou pensez avoir un SIBO, vous êtes particulièrement à risque. Vous avez donc intérêt à connaître les liens avec les pathologies thyroïdiennes.

Dans cet article, vous trouverez :

  • quels sont les pathologies de la thyroïde et leurs fréquences
  • quels sont les liens entre thyroïde et prolifération bactérienne intestinale
  • comment sont diagnostiqués les problèmes de thyroïde
  • pourquoi certaines maladies de la thyroïde empêchent de guérir le SIBO
  • pourquoi le SIBO empêche de guérir les pathologies auto-immunes de la thyroïde
  • comment faire si vous cumulez problème de thyroïde et SIBO !!

 

Lien entre problèmes digestifs et problèmes de thyroïde (hypothyroïdie, maladie de Hashimoto)

Les pathologies de la thyroïde et leurs fréquences

La thyroïde est une glande indispensable de notre organisme située à la base du cou. Elle synthétise les hormones dites “thyroïdiennes”. Sans entrer dans le détail, disons que ces hormones contrôlent le fonctionnement de nombreux organes en stimulant l’accélération ou le ralentissement de leur fonctionnement. Température, transpiration, pulsation du cœur, veille, digestion, biochimie métabolique, entre autres, sont contrôlées par la thyroïde. La thyroïde pilote aussi l’équilibre en calcium et phosphore dans la circulation sanguine.

Les dysfonctionnements de la thyroïde peuvent prendre plusieurs formes :

  • surproduction d’hormones thyroïdiennes (hyperthyroïdie). Ceci touche 1 à 2% de la population avec une prépondérance féminine (8 femmes pour 1 homme).
  • une production trop faible d’hormones thyroïdiennes (hypothyroïdie). C’est le trouble le plus répandu. Entre 4 et 8% des français sont concernés. La proportion des personnes touchées s’accroît avec l’âge et là encore les femmes sont plus souvent touchées. 15% des femmes de plus de 50 ans sont dans cette situation.
  • gonflement et déformation autour de la thyroïde visible au niveau du cou (goitre).
  • apparition de petites boules au niveau de la thyroïde (nodules). Certains sont visibles, douloureux ou gênants. Ils peuvent empêcher la déglutition ou la respiration. Mais la plupart des nodules sont invisibles et sont détectés uniquement au moyen d’une échographie de la thyroïde. 4% de la population adulte présente des nodules dont la plupart ne sont pas dangereux et restent souvent non détectés.
  • les cancers de la thyroïde sont rares et affectent principalement les femmes.

Ces quatre différents types d’affections se déclinent en de nombreuses maladies particulières selon l’aspect exact des tissus thyroïdiens et l’origine de la maladie. La pathologie la plus répandue est la maladie de Hashimoto qui est une inflammation d’origine auto-immune de la thyroïde conduisant à l’hypothyroïdie.

 

 

Les liens entre thyroïde et prolifération bactérienne intestinale

Quels liens peut-il y avoir entre une petite glande située à la base du cou et la prolifération bactérienne intestinale?

Il est vrai que cela n’a rien d’évident ! Pour éclaircir le sujet, regardons un peu plus dans le détail les origines des pathologies thyroïdiennes.
En fait, nous avons besoin de comprendre pour quelles raisons la thyroïde se mettrait à trop produire, pas assez produire, gonfler ou synthétiser des petites boules protubérantes… Là encore, pour rester brève disons qu’il y a plusieurs grandes familles de “causes”:

  • la thyroïde est mal alimentée en nutriments et donc fonctionne mal
  • la thyroïde est attaquée par une infection
  • la thyroïde est attaquée par le système immunitaire à tort. C’est en fait le cas le plus fréquent ! Nos défenses cherchent à nous débarrasser d’une infection, de substances toxiques ou de fragments d’aliments incomplètement digérés, etc…. Dans ce processus, nos défenses naturelles se trompent de cible ou font des dommages collatéraux.
  • la thyroïde est mal dirigée, mal renseignée par son chef, l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS). C’est ce qui arrive très souvent à cause du stress. Ce stress peut avoir différentes composantes: lié à l’environnement, lié à une alimentation inadaptée (variations glycémiques par exemple…) ou encore être un stress chronique. Dans ce dernier cas, l’organisme s’est verrouillé en “mode stress” et un protocole complet de rééducation peut être nécessaire.

Je pense que vous commencez à entrevoir ce que le SIBO peut avoir à faire là-dedans…

Voyons point par point les différents effets :

  1. si vous digérez mal vos aliments, ce qui se passe typiquement lorsque vous avez le SIBO, vous êtes en risque de carences en nutriments essentiels. Sélénium, zinc, iode sont directement utiles au fonctionnement de la thyroïde mais bien d’autres nutriments peuvent être impliqués dans son dysfonctionnement. De plus certains régimes restrictifs utiles pour soigner le SIBO peuvent aussi renforcer ces carences si vous ne prenez pas la supplémentation adaptée.
  2. lorsque vous avez le SIBO, votre immunité digestive (liée à la bonne santé de votre flore intestinale) est altérée. Vous êtes donc plus susceptible de contracter certaines infections (Helicobacter Pylori, Blastocystis Hominis, etc…).
  3. la dégradation de votre flore intestinale et son déséquilibre entretiennent l’hyperperméabilité intestinale, qui est responsable du passage dans la circulation sanguine de fragments de nourriture incomplètement digérés. Une flore intestinale de mauvaise qualité peut aussi synthétiser des produits de digestion toxiques…que le système immunitaire doit ensuite gérer. Ceci peut renforcer l’inflammation auto-immune et dans certains cas la déclencher.
  4. souffrir de ballonnements ou de diarrhée à longueur de journée sans savoir si vous allez pouvoir un jour vous en sortir… cela est bien sûr source de stress !!!

Tout ceci est susceptible de contribuer à des dysfonctionnements de votre thyroïde.

 

 

Comment sont diagnostiqués les problèmes de thyroïde

La thyroïde jouant un rôle central de régulation dans l’organisme, son dysfonctionnement peut entraîner des symptômes très divers. Quiconque pourra donc consulter son médecin en se plaignant de troubles aussi variés que :

  1. fatigue, frilosité, chute de cheveux, chute des sourcils, cheveux cassants, prise de poids, sécheresse ou démangeaisons cutanées, apnée du sommeil, faiblesse musculaire, voix rauque / enrouée, constipation, rétention de liquide dans les membres, ongles cassants, menstruations plus abondantes, infertilité, vertige, lenteur de la pensée, des mouvements, de la parole, perte de la mémoire, difficultés de concentration, nervosité, baisse de la libido, dépression ➽ Il s’agit des symptômes de l’hypothyroïdie.
  2. accélération des battements du cœur, essoufflement, excès de transpiration, mains moites, bouffées de chaleur, sensibilité à la chaleur, sensation de soif, tremblements, notamment au niveau des mains, difficulté d’endormissement, nervosité, irritabilité et de sautes d’humeur, anxiété, déprime, selles plus fréquentes, fatigue permanente, faiblesse musculaire (en particulier des bras et des cuisses), perte de poids importante, fonte des muscles, retard des règles, petites règles, baisse de libido, yeux qui “sortent de la tête”, yeux secs qui piquent, gonflement des chevilles ou paupières ➽ Il s’agit des symptômes de l’hyperthyroïdie.
  3. gonflement du cou, douleur ou difficulté de respiration, de déglutition ➽ c’est un goitre ou des nodules thyroïdiens.
  4. fatigue chronique, cheveux secs, irritabilité nervosité chronique, antécédents de cancer du sein et fausse couche précoce [1], et très probablement aussi le vertige [2] ➽ Ce sont les symptômes d’une affection auto-immune susceptible d’atteindre la thyroïde, même en l’absence de trouble thyroïdiens détectables. Cette maladie auto-immune peut évoluer vers une maladie de la thyroïde (hypo ou hyper) ou bien rester euthyroïdienne (sans impact sur la thyroïde).

Pour ne rien arranger, certains de ces symptômes sont aussi des symptômes du SIBO

Dans tous les cas, le premier diagnostic médical de la thyroïde repose sur la palpation de la glande et le contrôle de la TSH. En fonction de ces premiers résultats et de vos symptômes, le médecin orientera vers différents examens spécialisés : échographie de la thyroïde, contrôle des hormones T4, T3, recherche d’auto-immunité avec le dosage des anticorps thyroïdiens (anti-TPO, anti-TG, anti-TSHR), etc… Les diagnostics spécialisés sont souvent réalisés par l’endocrinologue, mais peuvent aussi être prescrits et suivis en médecine générale.

Selon la maladie précise dont vous souffrez, la médecine allopathique vous proposera des traitements adaptés permettant de pallier aux déficiences de votre thyroïde.

 

 

Certaines maladies de la thyroïde empêchent de guérir le SIBO

L’hypothyroïdie et la prolifération bactérienne liées dans 50% des cas!

En fait, une étude de 2007 a révélé que la moitié des personnes souffrant d’hypothyroïdie ont le SIBO [3].

En effet, l’hypothyroïdie en elle-même peut contribuer au SIBO en raison de sa propension à ralentir la motilité intestinale. L’hormone T3, qui est dérivée de l’hormone T4 que produit la thyroïde, est en effet l’hormone de commande de ce processus. Si vous manquez de T3, les “déchets” restent donc plus longtemps dans votre tube digestif. C’est autant d’opportunités pour les bactéries de “remonter”. De plus, la synthèse d’enzymes digestives et d’acide chlorhydrique dans l’estomac est diminuée en cas d’hypothyroïdie, laissant un boulevard ouvert à la colonisation de l’intestin par des bactéries et virus pathogènes. Pour cette raison, il est préférable de bien doser la supplémentation en hormones thyroïdiennes et de ramener la TSH dans une fourchette allant de 0,5 mU/L à 2 mU/L.

 

Les médicaments pour la thyroïde, une cause possible du SIBO ?

Selon une étude allemande de 2017, la prise de lévothyroxine de synthèse est corrélée au développement du SIBO [4]. Cette corrélation est même plus importante que la corrélation SIBO-hypothyroïdie.

Cette étude ne permet malheureusement de pas de conclure si c’est uniquement une corrélation ou bien s’il y a un lien de cause à effet. En effet, le type d’hypothyroïdie, l’ancienneté de l’hypothyroïdie et/ou de la prise de lévothyroxine et surtout les valeurs de T3 ne sont pas relatées dans l’étude.
Par ailleurs, cette étude ne discrimine pas les différentes formulations de lévothyroxine (en particulier les excipients), ni les différents types de SIBO. Or, ce sont de petits détails qui ont leur importance…

 

Les maladies anciennes mal soignées, une cause tout à fait plausible du SIBO

En effet, comme je vous l’indiquais plus haut, l’hormone T3 est dérivée de l’hormone T4 que produit la thyroïde. T3 est l’hormone de commande de la motilité intestinale. La supplémentation en lévothyroxine est un apport en hormone T4. Or il faut encore que l’organisme la convertisse en T3 pour que la digestion puisse se dérouler dans de bonnes conditions. Beaucoup de malades réalisent mal cette conversion et ne s’en rendent même pas compte car ce n’est pas visible dans le suivi de la TSH. Le SIBO peut donc tranquillement s’installer… Si vous êtes dans ce cas, vous avez besoin de traiter votre hypothyroïdie avec une supplémentation en T3 directement (Cynomel) ou une combinaison de T4+T3 (Eutyral).

Par ailleurs, les personnes qui prennent de la lévothyroxine ont souvent eu une maladie auto-immune de longue date, ont traîné longtemps de nombreux symptômes, voire eu une longue période d’hypothyroïdie avant que leur maladie ne soit diagnostiquée et traitée par la lévothyroxine. Ce passé joue évidemment en faveur du SIBO, probablement plus que la prise de la lévothyroxine en tant que telle.

 

Les excipients des suppléments thyroïdiens, des “empêcheurs de guérir le SIBO” plus probables que la lévothyroxine…

Certains aliments sont connus pour entretenir le SIBO, c’est le cas en particulier des FODMAPS [5]. Ces aliments riches en oligosaccharides, disaccharides, monosaccharides et polyols fermentescibles (glucides à chaîne courte), sont une source importante d’’approvisionnement alimentaire des bactéries qui peuvent devenir folles dans vos intestins.

Là où les choses se corsent, c’est que la plupart des suppléments thyroïdiens, et en particulier ceux qui sont remboursés par la SECU, contiennent des excipients qui sont des FODMAPS (lactose, mannitol, etc…).

En fonction de votre type de SIBO et de votre niveau de sensibilité à ces excipients, vous aurez besoin de changer de médicament pour la thyroïde afin de prendre un comprimé quotidien adapté à votre protocole de soin du SIBO. Ceci peut être prescrit par votre médecin. Cependant certains médicaments les plus utiles dans ce cas comme le TCAPS ne sont malheureusement pas remboursés.

Si vous ne pouvez pas changer de médicament, des protocoles alimentaires alternatifs, centrés sur certains prébiotiques, peuvent aussi être envisagés [6]. Ces solutions ne sont pas encore disponibles en France, mais ont prouvé une meilleure efficacité que les régimes sans FODMAPS. Vous pourrez vous les procurer à l’étranger.

 

 

Le SIBO est une cause ou un facteur qui complique le soin des maladies thyroïdiennes

Le SIBO peut être une cause source, une conséquence ou un facteur aggravant de la maladie de Hashimoto et plus généralement les maladies thyroïdiennes d’origine auto-immune. Il est important de savoir si vous avez le SIBO, car le traitement d’une prolifération bactérienne peut non seulement améliorer considérablement la digestion, mais peut également entraîner une rémission de Hashimoto dans certains cas.

 

Un traitement convenable de l’hypothyroïdie plus difficile d’accès en cas de SIBO

Le SIBO oriente en effet souvent vers des formulations de Levothyroxine qui ne sont pas remboursées par la sécurité sociale et que les médecins connaissent moins. La prise d’hormones de synthèse pour traiter l’hypothyroïdie résultant de Hashimoto ou d’une ablation de la thyroïde est donc plus compliquée.

Malheureusement, la plupart des personnes n’ont pas accès ou connaissance de ces formulations et utilisent du Levothyrox (ou autres formulations remboursées par la SECU) qui

  • ne sont pas toujours bien assimilées par les SIBO.
  • peuvent être mal converties en T3 par l’organisme.
  • perpétuent le SIBO (du fait des excipients).

 

Baisse de l’efficacité du soin des causes de l’auto-immunité

Le SIBO peut provoquer une anémie (carence en vitamine B12 et en fer), ainsi qu’une diminution des niveaux d’enzymes digestives, ce qui rend plus difficile la digestion de nombreux aliments.
Or, les premières actions à entreprendre pour apaiser une maladie auto-immune sont en général:

  1. retirer les aliments propices au développement de mauvais microbes intestinaux ou responsables d’intolérances immunitaires,
  2. combler les carences avec une alimentation riche et des suppléments,
  3. soutenir le microbiote avec des probiotiques, etc…

Les actions que vous entreprenez pour calmer votre inflammation auto-immune seront donc moins efficaces si vous avez le SIBO…

 

Obtention de résultats inverses à l’effet recherché

A cause du SIBO, certaines interventions pour guérir les maladies auto-immunes de la thyroïde sont contre-productives et aggravent votre situation.

En cherchant à soigner leur thyroïde via un régime “type” préconisé pour le soin des maladies auto-immunes, les malades vont remarquer que les aliments riches en fibres, les aliments fermentés, les aliments contenant de l’histamine, les prébiotiques, les légumes crucifères et/ou l’utilisation de probiotiques semblent provoquer une poussée de symptômes digestifs. Dans ce cas, il y a de fortes chances que ce soit dû à une prolifération de bactéries dans l’intestin grêle. C’est parce que ces aliments nourrissent les bactéries dans l’intestin et les font se multiplier, contribuant à la prolifération.

Donc toutes ces interventions à priori utiles pour stopper l’attaque auto-immune de la thyroïde ne servent à rien dans ce cas !

Par ailleurs, différents antibiotiques existent pour traiter les différentes formes de SIBO, mais leur utilisation nécessite ensuite une régénération complète de la flore microbienne via un protocole et un suivi scrupuleux afin de ne pas aggraver l’auto-immunité. Si l’inflammation auto-immune est décuplée par ce type de traitement, cela ré-enclenche un cercle vicieux qui fait réapparaître le SIBO tôt ou tard. En raison de cela et de divers effets secondaires de ces traitements, une approche de soin par des herbes antimicrobiennes du SIBO pourra être plus adaptée pour votre protocole.

 

 

Comment faire lorsque les deux maladies sont installées ?

Le fait d’avoir les 2 maladies : SIBO + présence d’anticorps anti-thyroïdiens et/ou supplémentation en hormones thyroïdiennes, réduit l’éventail des soins possibles. Aussi, pour être particulièrement sélectif dans le choix des protocoles, vous aurez grand intérêt à connaître exactement quel type de SIBO vous avez et avoir réalisé les analyses de microbiote, d’intolérances alimentaires, de carences et d’autres infections potentielles permettant de comprendre avec précision les causes de votre auto-immunité.

Les antibiotiques d’origine végétale

En général, les composés antibactériens dérivés de sources végétales ont tendance à épargner davantage les bactéries intestinales saines que les antibiotiques pharmacologiques, ce qui peut réduire le risque d’autres complications digestives et d’aggravation de l’auto-immunité.
De plus, la combinaison d’herbes peut produire un effet synergique sur les microbes et réduire la probabilité de bactéries résistantes, ce qui est un problème courant avec les antibiotiques.
Le choix exact des combinaisons d’herbes à utiliser dépend de la nature des gaz produits par votre microbiote, de vos éventuelles intolérances et de diverses contre-indications liées à votre état de santé général.

Par exemple, les herbes qui agissent sur les organismes producteurs de méthane, comme Allimed et Atrantil, sont généralement choisies pour les bactéries SIBO productrices de méthane.

Par ailleurs, les herbes peuvent aussi être bénéfiques à la fois pour traiter le SIBO et aussi certaines autres causes de l’auto-immunité. Par exemple, la berbérine peut aider à soigner certains SIBO et joue un rôle très important pour la réduction du stress d’origine glycémique (facteur contributeur important et fréquent chez les Hashimoto). Toutefois, la berbérine présente une longue liste de contre-indications, donc votre suivi médical devra être particulièrement vigilant.

 

Des probiotiques très ciblés

En plus de prendre des antibiotiques (à base de plantes ou pharmacologiques), il existe une levure spécifique, la levure S. Boulardii qui présente un grand intérêt. S. Boulardii ne colonise pas les intestins comme le font la plupart des autres probiotiques. Ainsi, elle ne contribue pas à la prolifération de bactéries dans l’intestin. Au lieu de cela, S. Boulardii aide à éliminer les bactéries existantes dans l’intestin grêle et accélère le processus d’élimination de l’infection intestinale.

Ceci à condition de ne pas être intolérant à la levure de bière dont la levure boulardii est un sous-genre (ce qui est mon cas…). Le traitement du SIBO peut alors parfois nécessiter de sacrifier temporairement la maîtrise de l’inflammation. Cet arbitrage est à voir avec les professionnels de santé en charge de votre suivi.

Un autre type de probiotique possible sont les probiotiques extraits du sol, notamment en cas d’intolérance à la levure. Les probiotiques du sol sont d’origine naturelle, à base de spores et ont un mécanisme d’action, qui leur permet de moduler directement le microbiome intestinal. Ils vont en effet rester sous forme de spore jusqu’à trouver l’environnement de croissance idéal. Ainsi ils ne colonisent pas l’intestin, mais attendent d’être arrivés dans le côlon. C’est exactement ce que l’on cherche ! Contrairement aux probiotiques Lactobacillus, les probiotiques à base de spores peuvent donc réduire le SIBO et augmenter la diversité intestinale en stimulant la croissance d’autres flores bénéfiques.

 

 

Prévenir la rechute du SIBO et les cercles vicieux

En résumé pour guérir :

  1. Choisir une formulation de vos médicaments pour la thyroïde qui n’alimente pas votre SIBO.
  2. Adopter l’alimentation adaptée décrite dans la méthode complète.
  3. Utiliser les herbes antibiotiques pertinentes pour votre cas particulier comme conseillé dans la méthode complète.

Quelle que soit la méthode que vous choisissez pour combattre le SIBO, il est important de retester le SIBO 5 à 14 jours après la fin de votre protocole de traitement pour déterminer si, en fait, le SIBO a été traité de manière appropriée, ou s’il est susceptible de repousser.

Pour éviter la rechute, ce à quoi vous devrez veiller dans l’ordre de priorité :

  • augmenter votre vitesse de digestion en utilisant les astuces comme indiqué dans la méthode complète.
  • maintenir une flore intestinale équilibrée et une bonne santé de votre barrière intestinale.
  • soigner d’autres organes souvent atteints de manière concomitante à des problèmes de thyroïde : foie (stéatose [7]), pancréas (pancréatite [8]). Ces affections restent très souvent non détectées avant un stade très avancé. Elles sont pourtant des facteurs déclencheurs ou aggravants du SIBO…et aussi de vos problèmes de thyroïde.
  • dans une moindre mesure, augmenter l’acidité de l’estomac. Une façon d’empêcher les bactéries de repousser est de s’assurer que vous avez suffisamment d’acide gastrique pour digérer et absorber correctement les aliments que vous consommez. Ceci est particulièrement important pour les personnes souffrant de troubles thyroïdiens, car de nombreuses personnes atteintes de la maladie de Hashimoto ou de Basedow peuvent avoir un faible taux d’acide gastrique. Une supplémentation en bétaïne + pepsine peut permettre d’éviter ce retour en arrière.

 

 

Enfin, je t’invite à écouter cette vidéo, qui va t’expliquer le lien entre problèmes digestifs et problèmes de thyroïde :

 

 

Sources et Crédits

[1] Ott J, Promberger R, Kober F, Neuhold N, Tea M, Huber JC, Hermann M. Hashimoto’s thyroiditis affects symptom load and quality of life unrelated to hypothyroidism: a prospective case-control study in women undergoing thyroidectomy for benign goiter. Thyroid. 2011 Feb;21(2):161-7. doi: 10.1089/thy.2010.0191. Epub 2010 Dec 27. Erratum in: Thyroid. 2011 Apr;21(4):467. PMID: 21186954.

[2] Fattori B, Nacci A, Dardano A, Dallan I, Grosso M, Traino C, Mancini V, Ursino F, Monzani F. Possible association between thyroid autoimmunity and Menière’s disease. Clin Exp Immunol. 2008 Apr;152(1):28-32. doi: 10.1111/j.1365-2249.2008.03595.x. Epub 2008 Jan 28. PMID: 18241228; PMCID: PMC2384067.

[3] Lauritano EC, Bilotta AL, Gabrielli M, Scarpellini E, Lupascu A, Laginestra A, Novi M, Sottili S, Serricchio M, Cammarota G, Gasbarrini G, Pontecorvi A, Gasbarrini A. Association between hypothyroidism and small intestinal bacterial overgrowth. J Clin Endocrinol Metab. 2007 Nov;92(11):4180-4. doi: 10.1210/jc.2007-0606. Epub 2007 Aug 14. PMID: 17698907.

[4] Brechmann T, Sperlbaum A, Schmiegel W. Levothyroxine therapy and impaired clearance are the strongest contributors to small intestinal bacterial overgrowth: Results of a retrospective cohort study. World Journal of Gastroenterology. 2017;23(5):842. doi:10.3748/wjg.v23.i5.842.

[5] Magge S, Lembo A. Low-FODMAP Diet for Treatment of Irritable Bowel Syndrome. Gastroenterol Hepatol (N Y). 2012;8(11):739–745.

[6] Huaman JW, Mego M, Manichanh C, Cañellas N, Cañueto D, Segurola H, Jansana M, Malagelada C, Accarino A, Vulevic J, Tzortzis G, Gibson G, Saperas E, Guarner F, Azpiroz F. Effects of Prebiotics vs a Diet Low in FODMAPs in Patients With Functional Gut Disorders. Gastroenterology. 2018 Oct;155(4):1004-1007. doi: 10.1053/j.gastro.2018.06.045. Epub 2018 Jun 30. PMID: 29964041.

[7] Wigg AJ, Roberts-Thomson IC, Dymock RB, McCarthy PJ, Grose RH, Cummins AG. The role of small intestinal bacterial overgrowth, intestinal permeability, endotoxaemia, and tumour necrosis factor alpha in the pathogenesis of non-alcoholic steatohepatitis. Gut. 2001;48:206-211.

[8] Kumar K, Ghoshal UC, Srivastava D, Misra A, Mohindra S. Small intestinal bacterial overgrowth is common both among patients with alcoholic and idiopathic chronic pancreatitis. Pancreatology : Official Journal of the International Association of Pancreatology (IAP) … [et al.]. 2014 Jul-Aug;14(4):280-283. DOI: 10.1016/j.pan.2014.05.792. PMID: 25062877.

Santé Digestion

Isabelle de Santé Digestion. Spécialiste des troubles digestifs, je t'aide à soigner et soulager tes troubles digestifs naturellement.

Cet article a 2 commentaires

  1. Benzine

    Bonjour j’ai besoin de parler avec vous avant d acheter la méthode complete svp pouvez vous m’appeler car j’ai énormément consulter de naturopathe et j’ai plusieur complément alimentaire sous les bras j’aimerai qu’on fasse le tri et je suis prêt à être adhérent de votre méthode svp appeler moi quand vous aurez impeu de temp

    1. Bonjour Benzine, envoyez-moi un message avec votre numéro de téléphone : je vous appellerai ainsi pour répondre à vos questionnements.

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